Développer le potentiel humain sans religion – intermédiaire – 3

Leçon 3 : la mort

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JoeurDeTambour

 

Depuis l’antiquité peut-être le rite le plus important du cycle de la vie a été associé à la mort d’une personne et toutes sortes de cérémonies ont été effectuées afin de marquer la fin de la vie d’un individu. De telles cérémonies ont tendance à refléter les habitudes culturelles de la société du défunt et sont le plus souvent de nature religieuse.

Mais il y a deux importantes raisons personnelles pour lesquelles la disparition d’une personne est accompagnée d’une cérémonie. D’abord, permettre à une vie de s’éteindre sans en remarquer la perte ou sans un hommage quelconque n’a jamais paru juste à la psyché humaine, quelle que soit la nature de la personne décédée. Deuxièmement, la mort engendre souvent un sentiment de fragilité et de vulnérabilité face à la vie. C’est un temps qui peut apporter de la solitude. C’est un temps de réflexion sur la vie et son sens, notre rôle dans la vie et la suite des choses après une perte. C’est aussi un moment où émergent les craintes psychologiques les plus profondes sur la mort. Compte tenu de ces facteurs, les rites funéraires sont fréquemment un rassemblement des vivants qui sert de réconfort, de soutien et de partage de la douleur. Peu d’autres rites du cycle de vie touchent à autant de dimensions de la personnalité humaine. 

Les humanistes croient également qu’il est important de marquer l’occasion d’un décès par une cérémonie. Mais puisque  les humanistes ne croient pas en une vie après la mort et qu’ils mettent l’emphase sur la qualité de vie individuelle, une cérémonie funèbre humaniste est davantage une célébration d’une vie vécue. Elle se concentre entièrement sur la personne décédée avec chaleur, compréhension, de façon positive et avec dignité. Contrairement à un mariage, il existe peu d’exigences juridiques pour une cérémonie funèbre, autres que pour la disposition du corps et de plus en plus de gens planifient les funérailles des membres de la famille du défunt – et parfois même leurs propres funérailles – de façon personnelle. Beaucoup de gens aujourd’hui n’ont aucune croyance religieuse, de sorte qu’un service religieux qui parle de la résurrection des morts et d’une vie éternelle n’a guère de sens.

 La mort et l’au-delà sont des concepts importants pour la religion théiste et ils seront donc le thème principal autour duquel un service religieux se déroule. Un enterrement humaniste est tout à fait le contraire, car il mettra l’accent sur la vie de la personne, quoique de manière délicate, honorant la personnalité unique du défunt, offrant réconfort pour la vie de ceux qui sont laissés derrière et une réflexion sur le caractère précieux de la vie en général. Il rompt les relations entre les vivants et les morts gracieusement, avec sensibilité et dignité, mais toujours de façon positive.

Un enterrement humaniste, donc, n’est pas un service offert à une divinité, mais la célébration d’une vie qui a été vécue et est parvenue à sa fin. C’est pourquoi, comme les bouddhistes Theravada, les humanistes peuvent parler d’une célébration de funérailles. La célébration de la vie du défunt prendra la forme d’un regard personnel sur la vie de celui qui nous a quitté. Il s’agira notamment d’allusions au défunt par son surnom et les récits de son enfance, son éducation, son travail, sa famille, ses intérêts particuliers et ses amis intimes. Ce sont les petits détails qui sont souvent particulièrement touchant sur la vie du défunt lors d’une telle cérémonie humaniste, le verre de vin près du feu, les promenades avec le chien, le chandail préféré, le fauteuil favori et les anecdotes drôles.

Des pays comme le Royaume-Uni ont une longue histoire d’enterrement religieux de la préhistoire et l’antiquité à nos jours. Jusqu’au milieu des années 1880, toutes les funérailles ont été des services religieux et toutes les personnes décédées ont été enterrées. Avec l’évolution vers des services non religieux, les membres du clergé anglican sont devenus si indignés qu’ils avaient l’habitude de se présenter à l’enterrement illégal pour lire les prières anglicanes. Comme le service anglican utilisait uniquement l’enfouissement, l’incinération n’était pas possible avant 1880. Mais en 1884 un chirurgien agnostique Sir Henry Thompson, a fondé une société de crémation et la crémation est alors devenue possible. Pourtant, il a fallu attendre les années 1960 pour que la crémation entre dans les moeurs.

Aujourd’hui la plupart des sépultures humanistes du Royaume-Uni, en fait, la plupart des non-religieux et même ceux qui ont la foi, sont incinérés plutôt qu’enterrés, mais un enterrement humaniste est également possible. Dans ce dernier cas, un humaniste peut souhaiter être enterré dans un cimetière d’église, peut-être pour être enterré avec un conjoint, ou être dans le cimetière familier et cela peut impliquer une cérémonie préalable dans une église ou une chapelle. Aussi, certaines personnes peuvent choisir d’être enterré à la campagne, avec une cérémonie humaniste.

cimetiereMême s’ils sont des édifices publics et non pas religieux, les crématoriums sont souvent modelés sur les églises en ce qui concerne le design d’intérieur. Il ne serait pas déraisonnable de demander que les croix, livres de prière ou d’autres symboles religieux soient enlevés. Ça ne devrait pas être une difficulté à condition qu’il y ait du temps pour les replacer avant la cérémonie suivante. Ce qui est important, c’est de pouvoir dire adieu à quelqu’un qui est décédé et le faire dans les meilleures conditions possibles. Lorsque les proches du défunt sont en mesure de planifier une cérémonie adaptée à la vie qui a pris fin, cela devient un adieu intime et bien senti.

Il n’y a donc aucune raison pour que les membres d’une famille ou des amis ne peuvent pas mener leurs propres cérémonies funèbres pour un être cher qui les a quittés. Mais puisque l’occasion est triste, il est souvent plus facile d’avoir quelqu’un qui n’est pas un intime du défunt pour aider à planifier et conduire la cérémonie. Un officiant humaniste peut remplir ce rôle. Ils sont bien entraînés et compréhensifs et non seulement aideront à planifier une cérémonie uniquement adapté à la personne, mais peuvent aussi prendre en charge une partie ou la totalité de la cérémonie si la demande leur en est faite.

Un enterrement humaniste est généralement divisé en plusieurs parties. Premièrement, il y a des mots de bienvenue à ceux qui sont venus et peut-être une brève explication sur la nature des funérailles humanistes. Quelques mots de réflexion sur la vie et la mort vont suivre, puis le thème principal de la cérémonie – l’hommage à la vie du défunt. L’incinération du corps suit, puis les mots de clôture de la cérémonie pour conclure. Des hommages personnels sous la forme de poésies, où des textes en prose ou encore de la musique peuvent s’y ajouter. Bien que ceux-ci peuvent être situés à n’importe quel moment durant la cérémonie, ils sont généralement particulièrement pertinents dans le cadre de réflexions sur la vie et la mort, mais également appropriés pour célébrer la vie du défunt.

 

Exercice de réflexion critique.

Dans ce module de base, il y avait quelques exemples de travaux réalisés par des étudiants. Ils n’ont pas été inventés pour ce module, ces élèves, étudiaient l’humanisme dans une université du Sud du Pays de Galles au Royaume Uni. On leur a demandé de planifier une cérémonie d’accueil, un mariage ou une cérémonie funèbre. Étant surtout de jeunes étudiants entre 18 et 21 ans, beaucoup étaient enclins à rédiger leurs propres cérémonies de mariage, mais certains, en particulier des étudiants d’âge mûr, ont choisi les autres domaines. Pour votre prochain devoir dans ce module, planifier et rédiger votre propre cérémonie d’accueil non-religieuse pour un bébé ou pour votre propre mariage ou la célébration de funérailles. Vous aurez besoin de réfléchir très profondément, de penser très fort à ce que vous voulez exprimer. Essayez de penser, aussi, à des objectifs humanistes et comment et où ils pourraient être inclus. Vous pouvez choisir n’importe quelle musique – chansons pop inclues – toute la poésie, des passages de livres – tout ce qui vous aide à exprimer ce que vous ressentez. Bien sûr et le plus important, vous pouvez aussi écrire vos propres mots, ou adapter les mots de quelqu’un d’autre. Lorsque c’est terminé, pensez à comment vous souhaiteriez le présenter. Conservez votre travail ! Souvenez-vous du conseil donné pour vous dans votre module d’introduction. Notez toujours votre travail clairement et nettement et entreposez-le avec précaution afin de vous y référer facilement à l’avenir. Lorsque vous serez en ligne avec d’autres étudiants sur le forum de l’AHQ, vous serez en mesure de partager vos idées.


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