Développer le potentiel humain sans religion-intermédiaire 1

Auteur original: Jeaneane Fowler Fowler Ph D (photo non disponible): Jeaneance Fowler est l’auteure de nombreux livres (en anglais) sur les religions et la spiritualité voici un lien vers sa page sur amazon.ca.

 

Célébrer les étapes importantes de la vie sans religion

et examiner les questions concernant la vie et la mort.

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La plupart des gens apprécient les cérémonies marquant les occasions spéciales de nos vies. Ces célébrations peuvent être des anniversaires, un passage à l’âge adulte, une naissance, un mariage ou encore des fêtes communautaires qui, que l’individu soit religieux ou non, permettent de faire une pause de la routine normale de notre existence. Ces cérémonies ont le plus souvent été associées à la religion , même si un grand nombre de gens continuent à participer à des cérémonies religieuses de façon complètement « laïque ». La fête de Noël est un bon exemple, il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour y participer. En fait elle est tellement ancrée dans les moeurs que vous pouvez très bien recevoir des cartes de voeux de vos amis bouddhistes ou hindous ou d’amis qui sont incroyants.

L’origine religieuse de certaines fêtes n’exclue pas nécessairement la participation à celle-ci par des humanistes, dans ce cas l’emphase sur la religion est simplement mise de côté. Parfois c’est vraiment facile à faire car de nombreuses fêtes religieuses ont en fait une origine païenne antécédente à la religion . Une autre occasion fréquente et importante de rencontre communautaire est lors du décès d’un individu. Les trois premières leçons de ce module intermédiaire vont porter justement sur les célébrations marquantes dans nos vies. Les deux leçons suivantes seront consacrées plus précisément à la naissance, l’avortement , la mort et la question de l’euthanasie .

Comme tout le monde, les humanistes trouvent nécessaires de marquer les étapes importantes dans nos vies, incluant la fin de celle-ci, de manière significative. Nous avons tous des moments où nous ressentons le besoin de partager nos joies et nos peines avec d’autres, des moments où nous souhaitons la présence près de nous de nos amis et de nos proches dans la joie comme dans la peine. Il peut aussi arriver que nous désirions afficher en public une étape ou une décision qui nous est importante. Des moments pleins d’émotions qui sont souvent marqués du sceau d’une certaine spiritualité.

Ce qui rend également les cérémonies humanistes intéressantes est le fait qu’elles peuvent être personnalisées selon chaque individu, ce que les cérémonies religieuses ne font pas en général bien que cela tende à changer ces dernières années. Il est possible d’y inclure de la poésie, une musique qui va comme un gant à l’occasion et, ce qui est le plus important, y dire les choses que l’on veut exprimer, donner à la cérémonie sa touche personnelle et lui donner une émotion propre. Des associations humanistes peuvent vous venir en aide si vous préférez ce type de cérémonies plutôt que celles religieuses.

Leçon 1: La naissance

Même si, depuis des temps immémoriaux, on célèbre les naissances, les rites actuels sont généralement associés aux religions. Dans plusieurs cas, même si la newbornnaissance d’un enfant est un évènement joyeux en soi, il était aussi accompagné d’angoisses et de craintes au sujet de forces malveillantes soi-disant à l’affut du nouveau-né. Dans les pays orientaux ou l’hindouisme et le bouddhisme sont pratiqués, la mère est toujours considérée « impure » après la naissance comme lorsqu’elle a ses règles. Dans l’hindouisme par exemple, on craint tellement les esprits malins, qu’il y a davantage de rites avant et juste après la naissance du bébé qu’à n’importe quelle autre époque de sa vie !

La chrétienté n’est pas en reste non plus. Un bébé n’est jamais vraiment « en sureté » avant d’être baptisé et, encore de nos jours, on prend bien soin durant le rite de demander la renonciation à Satan. Il va sans dire que de telles cérémonies sont considérées comme très importantes et se déroulent selon des règles et un rituel très précis. Et même si la plupart des gens ne prennent pas très au sérieux les croyances accompagnant de telles cérémonies, ils s’y prêtent néanmoins malgré le fait que celles-ci n’ont plus grand-chose à voir avec notre monde moderne. 

babyPour un humaniste il n’y a rien d’apeurant ou d’impur dans la naissance. La naissance d’un bébé est une occasion de célébrer, car un nouvel humain arrive dans ce monde avec tout le potentiel de réalisation de cette vie unique et individuelle. Chaque être humain forme un maillon dans la longue chaine de l’évolution ce qui est en soi une merveille.

Pour les humanistes qui choisissent de célébrer cette occasion par une cérémonie, il existe des mots beaucoup plus significatifs à utiliser que les formules toutes faites proposées par les religions. La planification d’une cérémonie pour souhaiter la bienvenue à ce petit être et lui conférer une identité propre peut être orchestrée personnellement par les parents, les amis, la famille ou encore dirigée par un célébrant humaniste. Toutes sortes d’idées ou de contributions personnelles peuvent rendre cet évènement significatif. On voudra sans doute durant la cérémonie, annoncer au monde le nom de l’enfant et par cet acte conférer au nouveau-né son individualité et sa particularité. Souvent les parents ont une raison spéciale derrière le nom qu’ils ont choisi, même si c’est seulement parce qu’ils le trouve joli. Raconter aux invités pourquoi ils ont choisi le nom de leur enfant peut faire partie de la cérémonie. En planifiant la cérémonie, les parents sont libres d’y inclure de la poésie, des chansons ou une musique appropriée ou significative pour cette heureuse occasion. Lire de la poésie c’est un peu comme interpréter un tableau, nous y retrouvons ce qui compte à nos yeux et qui exprime particulièrement la profondeur de nos émotions à ce moment.

Lors des baptêmes chrétiens, le parrain et la marraine ont un rôle à jouer durant la cérémonie, ils doivent s’engager à accompagner l’enfant dans sa foi chrétienne. Lors de cérémonies d’accueils non-religieuses il peut très bien y avoir un ou deux adultes qui souhaitent jouer un rôle d’appui et d’encouragement dans le développement personnel de l’enfant jusqu’à sa majorité. Ces personnes sont parfois appelées des mentors par les humanistes. Ils soutiennent et encouragent les parents ainsi que l’enfant de différentes façons, soit en agissant à titre de conseiller, de confident, ou acceptent à l’occasion de donner un répit aux parents en acceptant de faire du gardiennage.

Élever des enfants dans ce monde moderne et complexe n’est pas une mince tâche. Et parce que chaque enfant est différent et développe sa propre personnalité, les parents se retrouvent souvent dans une situation où les espoirs qu’ils entretenaient pour leurs enfants ne se réaliseront jamais, ou alors dépasseront leurs attentes. Les parents doivent souvent apprendre à accepter que leur enfant sera très différent d’eux et ce n’est pas toujours facile. C’est une véritable quête que de trouver un équilibre entre le respect de soi-même en affirmant son identité et le respect des autres en laissant à ses enfants la liberté de s’affranchir. Cette acceptation des libertés individuelles pour chaque membre de la famille est une valeur éminemment humaniste.

Pour un humaniste, c’est illusoire de faire un voeu à une divinité et déclarer qu’il va élever son enfant d’une certaine façon. En rejetant la religion ils disent ce qu’ils aspirent à faire, ce qu’ils espèrent accomplir comme parent, mais ils ne souhaitent pas se peinturer dans un coin en le faisant d’une manière catégorique ou restrictive. Ils ont espoir que leur enfant développera ses propres croyances et valeurs. Cette approche de l’éducation se veut rationnelle et non catégorique. Ainsi, la lecture d’un bref poème ou d’un texte en prose pour terminer une cérémonie d’accueil est tout indiquée, spécialement si le texte exprime des souhaits remplis de sagesse pour la vie future de ce bébé. Cette lecture est un bon moyen de conclure sur une note positive cette cérémonie non-religieuse. 

    Travaux pratique;

 

Demander l’avis de connaissances. Posez ces questions aux gens qui ont eu des enfants. Avez-vous participé à une cérémonie quelconque à la naissance de votre enfant? Si oui, étais-ce une cérémonie religieuse ou non?

S’il y a eu cérémonie, pour quels raisons avez-vous choisi ce type (religieux ou non) de cérémonie? Si c’était une cérémonie religieuse, avez-vous bien compris tout ce qui s’y passait?

    Exercice de pensée critique

 

Si vous avez posé les questions décrites ci-haut, pourquoi pensez-vous que certaines personnes sont mal à l’aise lorsqu’on leur parle de leurs croyances religieuses? Écrivez vos raisons. Une fois que cela sera fait, réfléchissez comment un chercheur s’y prendrait pour contourner cette difficulté. Quelle est la meilleure façon d’amener des gens à répondre à ces questions délicates? Partagez vos impressions avec d’autres sur le forum de l’AHQ.

 

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