Dans les sociétés occidentales dominées par un christianisme généralement appuyé ouvertement par l’état, il n’a pas toujours été facile de critiquer les dogmes religieux et encore moins de suggérer une vision du monde alternative. Historiquement cela a signifié que la philosophie humaniste s’est retrouvée occultée, ou exprimée en langage codé par un petit groupe d’initiés. Il existe des comptes rendus de sociétés secrètes d’athées et de libres-penseurs durant les 16e, 17e et 18e siècles, par exemple les francs-maçons. Les groupes partageant ces idées ne se sont pas exposés au grand jour avant le 19e siècle. L’expansion des groupes humanistes correspond généralement avec l’avènement d’une société civileet la venue de nombreux autres groupes se préoccupant d’idées et de causes spécifiques.
Les humanistes du 19e siècle ont utilisé un grand nombre d’appellation différente. Tel que;
Le terme « humaniste » ne fut pas couramment utilisé avant la publication du premier « manifeste humaniste » de 1933 (voir dans la leçon suivante; Manifestes et autres déclarations d’humanisme). L’appellation « d’humaniste » sert depuis, de façon générale, à désigner des personnes ou groupes non-théistes qui militent pour une amélioration de la condition humaine sans référence à des dieux ou au surnaturel . De plus en plus ces groupes se considérèrent neutre du point de vue religieux et comme une alternative éthique à la religion.
Après la seconde guerre mondiale, un groupe de militants principalement d’Angleterre, des Pays-Bas et des États-Unis se réunirent pour fonder la « International Humanist and Ethical Union » (IHEU). Un organisme de coordination regroupant des associations humanistes partout sur la planète (incluant l’Association humaniste du Québec – l’AHQ), notamment aux États-Unis, en Europe et sur le continent indien. Ces organisations ont pour but, non seulement de préserver et répandre la culture et l’histoire humaniste, mais également de promouvoir la vision du monde humaniste qui se veut une approche contemporaine qui suggère un système de référence permettant de définir un code moral. C’est cette vision du monde humaniste que nous allons développer dans la leçon suivante.